Dany ne bouda pas donc pas la grande soirée annuelle d’autoglorification du 7ème art français, et prit même la chose avec humour, déclarant qu’il ne bouderait « que le jour où il se ferait refaire les lèvres ». Son film, Bienvenue chez les Ch’tis, était nommé dans une seule catégorie, celle du « Meilleur scénario original ». Et s’il n’a pas obtenu la récompense tant convoitée c’est uniquement parce que d’autres films le méritaient plus.
C’est tout particulièrement le cas de Séraphine, le film de Martin Provost, qui est sorti grand vainqueur de la soirée, remportant sept Césars dont ceux du « meilleur film » et de la « meilleure actrice », décerné à l’éblouissante Yolande Moreau, quatre ans après son succès pour Quand la mer monte.
Séraphine, c’est sans doute le plus petit budget parmi les films sélectionnés, et celui qui a fait le moins d’entrées (plus de 500 000). Très loin derrière les vingt millions d’entrées des Ch’tis de Dany Boon. Ayant vu les deux films et en tant que grand amateur de cinéma, je peux vous garantir que la force et l’originalité de Séraphine méritent bien plus de louanges, de récompenses, et surtout de spectateurs que n’importe quelle grande comédie populaire. Que ce soit pour la beauté de ses images ou pour le talent de ses acteurs, sur le plan cinématographique, il n’y a pas photo !
Mesrine, la grosse production commerciale de l’année qui cumulait dix nominations, a permis à Vincent Cassel d’être sacré « meilleur acteur », et à son réalisateur Jean-François Richet « meilleur réalisateur ». Entre les Murs, le film de Laurent Cantet, qui avait reçu la palme d’or à Cannes en mai dernier, a dû cette fois se contenter du César de la « meilleure adaptation ». Bonne nouvelle en tout cas selon moi, la fine fleur du cinéma français a été récompensée à sa juste valeur.
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