Même si j’accorde en général une grande confiance aux analyses des journalistes de L’Humanité, j’ai tout de même voulu me faire ma propre opinion en allant voir les deux volets du film de Steven Soderbergh. N’ayant pas eu le « privilège » d’assister à la projection du film en version intégrale (plus de quatre heures), dévoilée lors du Festival de Cannes en mai 2008, j’ai regardé, comme la majorité du grand public, le film en deux partis de deux heures avec trois semaines d’intervalle. Je peux alors vous garantir que, même divisé en deux partis, le film est effectivement assez ennuyeux.
La ressemblance de Benicio Del Toro avec le célèbre révolutionnaire latino-américain est certes frappante. Mais j’ai tout de même du mal à comprendre comment il a réussi à captiver le jury de cet illustre Festival pourtant dirigé par Sean Penn, au point de recevoir le prix de la meilleure interprétation masculine. Je ne remets pas en cause ses talents d’acteurs. Je l’avais adoré dans 21 grammes et dans Las Vegas Parano du fantastique Terry Gilliam. Mais là il faut bien avouer qu’en Che Guevara, il n’est pas vraiment convaincant.
La faute peut-être à un curieux scénario. Dans la première partie, les scènes du voyage du Che à New-York en 1964, où il prononça à l’ONU un célèbre discours contre la politique impérialiste des Etats-Unis, se mêlent avec celles de la guerre civile qui faisait rage à Cuba avant la prise de La Havane par les partisans de Fidel Castro en 1959. La seconde partie est uniquement consacrée à la Guérilla en Bolivie où il fut capturé et exécuté en octobre 1967. L’objectif de cette tentative révolutionnaire bolivienne apparaît comme nettement moins clair que celle des guérilleros de Cuba qui voulaient renverser Batista. Toute une partie de la vie du Che est alors complètement occultée. Entre 1959 et 1967, il fut pourtant entre autres, président de la Banque Centrale de Cuba, ministre de l’industrie et mena une Guérilla au Congo.
Il est selon moi certain que le film de Steven Soderbergh ne satisfera pas bon nombre des lecteurs de L'Humanité, car il ne s’agit absolument pas d’un portrait militant d’Ernesto Che Guevara, mais plutôt d’un film commercial à grand spectacle, avec beaucoup de scènes de combat et de sang. Il y aurait pourtant bien d’autres choses à dire à propos de la vie du Che, de ses écrits et de son influence sur les mouvements révolutionnaires du monde entier.
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