C’est devenu, en moins de 24 heures, une véritable affaire d’Etat. Hier soir, lors du matche France-Tunisie au Stade de France de Saint-Denis, une partie du public venant supporter l’équipe tunisienne a sifflé l’hymne national français. Le lendemain, le gouvernement a alors décidé de mettre immédiatement fin à l'avenir à un match, en cas de sifflets contre la Marseillaise.
C’est Roselyne Bachelot, ministre de la santé et des sports qui a annoncé cette mesure choque, à l’issue d’une réunion à l’Elysée où le président de la Fédération française de football (FFF), Jean-Pierre Escalettes, était convoqué par Nicolas Sarkozy. C’est-elle rendu compte en prononçant ces mots de l’ampleur des événements que pourrait déclencher ce genre de mesures ? L’annulation d’un match à quelques minutes de son coup d’envoi et la tentative d’évacuation du stade provoquerait très certainement une véritable émeute et ne ferait qu’aggraver la situation.
Le secrétaire d'Etat aux sports Bernard Laporte a quant à lui apporté un avis plus judicieux, recommandant de ne plus jouer de matches avec les ex-colonies ou protectorats français du Maghreb au Stade de France mais « chez eux, ou alors en province». Julien Dray, le porte-parole du PS a beau qualifier ces propos d’inadmissibles, la mesure prônée par Bernard Laporte apparaîtra sûrement comme la plus sensée aux yeux de nombreux connaisseurs du ballon rond.
En effet, il n’est pas rare de constater qu’il règne une bien meilleure ambiance lorsque les bleus se déplacent dans des stades comme ceux de Lens, Saint-Étienne ou encore Marseille que lorsqu’ils jouent devant le public Parisien, peut-être trop habitués aux matches de l’équipe de France.
Jouer les matches face aux pays du Maghreb uniquement à l’extérieur n’est pas non plus une mauvaise idée, car malgré une histoire coloniale pas toujours bien digérée, la population des pays d’Afrique en général, a toujours réservé un très bon accueil aux bleus. Souvenez-vous de la venue de Zidane tel un héros en Algérie. Hier soir par contre, Hatem Ben Arfa, joueur français d’origine tunisienne, s’est fait copieusement sifflé, ce qui est tout bonnement inadmissible. Siffler un joueur à cause de ses origines ou sa nationalité, cela s’apparente exactement aux mêmes faits de racisme que subissent parfois les joueurs noirs dans les stades d’Italie ou d’ailleurs.
Certes, les Français d'origine maghrébine sont trop souvent victimes de discrimination et de harcèlement policier, mais cela n’excuse en rien le fait de siffler l’hymne national de l’équipe adverse lors d’une rencontre sportive. Je n'ose même pas imaginer le tollé que cela aurait provoqué si c’était l'inverse qui s'était produit. De plus, les grands gagnants de ce genre d’histoire, ce sont malheureusement bien souvent les extrêmistes de droite, et Jean-Marie Le Pen qui sans surprise a vu dans ces sifflets émanant de « foules originaires du Maghreb » et « l'échec de l'intégration de masses étrangères à notre culture ».
La Marseillaise avait été sifflée lors des rencontres amicales France-Algérie, en octobre 2001 et France-Maroc en novembre 2007. Mais les sifflets peuvent aussi être franco-français. Ainsi, le 11 mai 2002, le président Jacques Chirac avait quitté momentanément la tribune officielle du Stade de France, la Marseillaise ayant été sifflée par une partie du public, notamment des Bastiais, avant le coup d'envoi de la finale de la Coupe de France de football Lorient-Bastia.
Pour conclure, siffler la Marseillaise, à part de dire que c’est purement scandaleux, on peut aussi dire que c’est inutile et ridicule, et ce quel que soit le passé colonial de la France ou le racisme ambiant encore actuel envers une population de notre pays. Mais beaucoup de personnes, au sein de la communauté maghrébine de France, ont également été choqués par ces sifflets.
Et oui, on peut être originaire d’un autre pays et respecter la France et ses symboles ! Et à tous mes camarades pseudo libertaires qui me diront que c’est normal de siffler l’hymne national ou la levée du drapeau tricolore, car ce sont les reflets du nationalisme, je leur dirais que moi aussi, quand j’avais 12 ans, je pensais comme eux. Et que sincèrement qu’est-ce que l’on va à gagner à ne pas respecter les symboles de la République ? Surtout quand il s’agit de football, allons soyons sérieux, c’est de sport dont on parle là, pas de l’armée française.
Franchement si un jour, j’assistais aux matches France-Grèce ou France-Belgique, moi aussi je tiendrais pour la Grèce ou la Belgique, mais ce n’est pas pour autant que ça me viendrait à l’idée de siffler l’hymne de mon pays natal.
Guillaume Pirierros
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